Bronchiolite du nourrisson : reconnaître les signes, prévenir et savoir quand consulter

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Chaque automne, la bronchiolite fait son retour chez les tout-petits. Cette infection respiratoire est le plus souvent bénigne, mais ses symptômes impressionnent et certains signes doivent faire réagir vite. Voici les repères essentiels pour la reconnaître, soulager votre bébé, savoir quand consulter et le protéger.

La bronchiolite, c’est quoi ?

La bronchiolite est une infection virale aiguë des bronchioles, les plus petites bronches de l’appareil respiratoire. Le virus enflamme leurs parois et augmente les sécrétions, ce qui gêne le passage de l’air.

Elle est due le plus souvent au virus respiratoire syncytial (VRS), à l’origine de 80 % des bronchiolites selon l’Assurance Maladie. Elle touche les nourrissons, c’est-à-dire les enfants de moins de 2 ans, et circule sous forme d’épidémie à partir du mois d’octobre et pendant tout l’hiver.

Une maladie très contagieuse

Le virus se trouve dans la salive et les sécrétions du nez. Il se transmet directement, par la toux, les éternuements, les postillons ou les bisous. Il passe aussi par les mains et les objets : jouets, linge de toilette, couverts.

Comme le rappelle le ministère de la Santé, les adultes et les grands enfants porteurs du virus ont souvent peu de symptômes, parfois un simple rhume. Parents, frères et sœurs ou personnel de crèche peuvent donc le transmettre sans le savoir.

Les bébés les plus fragiles

Certains nourrissons risquent davantage une forme grave et sont plus souvent hospitalisés :

  • les bébés de moins de 2 mois (en âge corrigé pour les prématurés), en raison d’un risque d’apnée
  • les bébés nés avant 36 semaines d’aménorrhée
  • les enfants atteints d’une maladie cardiaque, pulmonaire ou d’un déficit immunitaire
  • les enfants dont la toux est inefficace, par exemple en raison d’un handicap ou d’une maladie des muscles
  • les enfants exposés au tabagisme passif

Les symptômes à surveiller

La bronchiolite s’installe en plusieurs temps :

  1. Elle commence comme un simple rhume, parfois avec une légère fièvre.
  2. Une toux sèche apparaît peu à peu.
  3. Puis vient une gêne respiratoire : la respiration devient rapide et sifflante, bruyante quand l’enfant expire.

À ce stade, votre bébé peut avoir du mal à manger et à dormir. Les symptômes s’aggravent souvent pendant les premiers jours avant de s’améliorer. La Haute Autorité de santé conseille donc de surveiller votre bébé de près les deux à trois premiers jours.

L’enfant guérit généralement en 8 à 10 jours, mais une toux peut persister une quinzaine de jours.

Consulter dans la journée

La bronchiolite ne se soigne pas seule à la maison : un examen médical est indispensable. Si votre bébé a plus de 2 mois, qu’il garde un bon état général et continue à s’alimenter, contactez votre médecin pour une consultation dans la journée.

Consultez à nouveau si les symptômes s’aggravent, ou si après quelques jours la fièvre augmente et les sécrétions deviennent épaisses, jaunes ou verdâtres. Une surinfection bactérienne est alors possible.

Les signes d’alerte : appeler le 15 ou le 112

Certaines situations demandent d’appeler sans attendre le Samu au 15 ou le 112 :

  • votre bébé a moins de 2 mois
  • il est né avant 36 semaines d’aménorrhée
  • il a une maladie cardiaque, respiratoire, un déficit immunitaire ou un handicap qui l’empêche de tousser
  • il boit moins de la moitié de ses biberons sur 3 repas de suite, ou n’arrive pas à téter
  • il vomit à chaque fois, avec un risque de déshydratation
  • son comportement vous inquiète : il dort tout le temps et semble « mou », ou au contraire il pleure de façon inhabituelle, s’agite et ne trouve pas le sommeil
  • il est pâle, il geint, ses lèvres ou ses doigts bleuissent
  • il respire de plus en plus mal : respiration rapide et courte, ou lente et irrégulière, pauses respiratoires, narines qui battent, creux entre les côtes ou au-dessus des clavicules (tirage)

Les personnes qui ont des difficultés à parler ou à entendre peuvent joindre les secours par SMS au 114, 24 h/24 et 7 j/7.

Les bons gestes au quotidien

Votre médecin vous expliquera les gestes adaptés à votre enfant. Voici ceux que recommande l’Assurance Maladie.

L’aider à mieux respirer

  • Dégagez son nez avant chaque repas et aussi souvent que nécessaire grâce aux lavages de nez. C’est essentiel avant 6 mois, car le bébé ne sait pas encore respirer par la bouche.
  • Quand il est réveillé, gardez-le en position droite.
  • Pour dormir, continuez à le coucher sur le dos, comme d’habitude.
  • Ne fumez pas près de lui : le tabac aggrave la maladie et favorise les rechutes.

Veiller à ce qu’il boive et mange assez

  • Proposez-lui de l’eau régulièrement pour éviter la déshydratation.
  • Gardez son lait habituel et fractionnez les repas en petites quantités plus fréquentes. Le bébé vomit souvent pendant les quintes de toux.
  • Si vous allaitez et que votre bébé est trop fatigué pour téter, vous pouvez tirer votre lait.

Assurer son confort

  • S’il a un peu de fièvre, retirez une couche de vêtements (par exemple la turbulette) et surveillez sa température.
  • En cas d’inconfort lié à une fièvre au-dessus de 38 °C, le paracétamol est préconisé, sauf contre-indication.
  • Aérez sa chambre souvent et gardez-la à 19 °C maximum.

Ce qu’il ne faut pas faire

Ne donnez ni sirop contre la toux, ni fluidifiant bronchique. Ces médicaments sont contre-indiqués chez le petit enfant, car la toux l’aide à évacuer ses sécrétions.

Gardez aussi votre bébé à la maison pendant toute la phase aiguë, et prévenez votre médecin avant d’arriver en salle d’attente pour éviter de contaminer d’autres nourrissons.

Pour aller plus loin, la Haute Autorité de santé propose une fiche de conseils et de surveillance destinée aux parents.

La prévention

Les gestes barrières au quotidien

Plus ils sont appliqués, mieux votre bébé est protégé. Voici les gestes simples recommandés par le ministère de la Santé, à adopter dès la sortie de maternité.

  • Se laver les mains au savon pendant 30 secondes, avant et après chaque contact avec le bébé (change, tétée, biberon, câlin), après s’être mouché et en rentrant à la maison.
  • Limiter les contacts : visites réservées aux adultes proches et non malades, pas de passage de bras en bras ni de bisous sur le visage et les mains. Les frères et sœurs malades restent à distance.
  • Ne pas partager biberons, sucettes et couverts, et nettoyer souvent jouets et peluches.
  • Aérer le logement régulièrement et ne jamais fumer dans les pièces de vie.
  • Éviter les lieux publics fermés (transports, centres commerciaux, réunions de famille) et si possible l’entrée en collectivité avant 3 mois.
  • Porter un masque si vous êtes enrhumé, si vous toussez ou si vous avez de la fièvre, et tousser dans votre coude.

Deux traitements préventifs contre le VRS

Pour la saison 2026-2027, la campagne de prévention se déroule du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 en France hexagonale. Deux solutions existent, et dans la majorité des cas il n’est pas nécessaire de les associer.

Le vaccin pendant la grossesse. Le vaccin Abrysvo® est recommandé aux femmes enceintes entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée. Grâce aux anticorps transmis par la mère, il protège le bébé de la naissance jusqu’à ses 6 mois. Il est remboursé à 100 % et peut être prescrit et réalisé par un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien.

L’anticorps monoclonal pour le bébé. Beyfortus® ou Enflonsia® s’administrent en une seule injection, idéalement dès la naissance avant la sortie de maternité. Les bébés nés hors campagne peuvent en bénéficier au cours de leur première saison de circulation du virus. La protection débute en quelques jours et dure au moins 5 mois. L’injection est prise en charge à 100 % à la maternité et remboursée à 65 % en ville.

Si la maman a été vaccinée pendant la grossesse, l’anticorps est inutile pour le bébé, sauf naissance prématurée ou survenue moins de 14 jours après le vaccin. Parlez-en avec votre médecin ou votre sage-femme pour choisir la solution adaptée.

Ces traitements semblent porter leurs fruits : l’épidémie 2025-2026 a été courte et de faible intensité en France hexagonale, ce qui pourrait s’expliquer en partie par ces campagnes. Ils ne remplacent pas pour autant les gestes barrières, à maintenir pendant toute l’épidémie.

Se former avec l’APSEF

Bien réagir face à une infection respiratoire ou à une urgence, ça s’apprend. À Courbevoie, l’APSEF accompagne les futurs et jeunes parents avec deux rendez-vous :

Retrouvez toutes les prochaines dates dans notre calendrier.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de doute sur l’état de votre enfant, consultez votre médecin ou appelez le 15.

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